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Imposer l’agriculture biologique aux propriétaires de terres abandonnées, c’est l’idée inédite de Marcel Le Pennec, maire de Moëlan-sur-Mer (Finistère). Alors coup de force ou idée de génie ?  Explications.

Une astuce juridique

C’est en recourant à une procédure méconnue et en se basant sur un article du Code rural et de la pêche maritime (L125-1) que Monsieur le maire a pu pousser 400 propriétaires de terres à l’agriculture biologique.

Marcel Le Pennec, maire de Moëlan-sur-Mer :

« Toute terre laissée à l’abandon depuis plus de trois ans peut-être récupérée soit par le propriétaire lui-même, soit être réquisitionnée pour être louée à d’autres personnes. On s’est aperçus que 90% des Moëlanais le souhaitaient, à condition que ces terres soient utilisées pour de l’agriculture biologique. »

Grâce cette démarche, les agriculteurs peuvent s’installer sur des friches agricoles à bon marché, s’épargnant ainsi la pression foncière étant donné les coûts liés à l’achat de terres. « À la clé, une trentaine d’emplois créés d’ici deux ans sur plus de 120 hectares », déclare le maire au quotidien de l’écologie, Reporterre.

Si la démarche vise avant tout à créer de l’emploi, elle permet également de favoriser l’activité locale et d’approvisionner les cantines scolaires, les EHPAD et les restaurants collectifs de villes et villages alentours. Un marché bio pourrait même voir le jour avec les aliments biologiques issus de ces cultures.

Redonner leur vocation à ces terres

Pour Lysiane Jarno, animatrice coordinatrice de Terre de liens en Bretagne, il est urgent de remettre en culture ce foncier agricole en friche car de telles terres « empêchent l’autonomie alimentaire fondée sur l’agriculture bio, locale et respectueuse des territoires ». Dans un rapport de 2018, deux députés ont notamment pointé du doigt l’enfrichement agricole qui génère « un foncier inculte au moins autant responsable de la perte de terres agricoles que le phénomène d’artificialisation. Le département du Finistère « estime à plus de 60 000 hectares la superficie des friches agricoles sur son territoire », selon l’association Terre de liens. Résultat : plus de 120 hectares ont été proposés à des exploitants agricoles bio. L’agriculteur peut par la suite commencer ses cultures, après l’accord de la préfecture, « qui vaut bail de location ».

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Source : Reporterre